22h00, c’est pas possible ! A pas 100 mètres, un énorme bahut vient de s’échouer derrière les ateliers municipaux… Son gyrophare éclabousse alentour. Le bruit du diesel monte dans les aigus quand le chauffeur manœuvre la grue. Il est 22h00 et ce brave gars vient vider le gros conteneur à verre. Quand la chose parvient au dessus de la benne, la trappe s’ouvre et c’est un déchaînement de verre cassé… A 22h00 après le diesel massif qui se cogne entre les murs, la nuit s’est emplie d’une myriade de petits morceaux de verre sonores et coupants…
Pourquoi faut-il qu’il passe à cette heure-là ? Qui décide des horaires des camions-bennes. Pourquoi faut envoyer un gars à cette heure-là, faire ce boulot-là ? Justement. Donnez-moi le nom du gars, celui qui décide, qui lui termine pile à 16h42. Midi le vendredi ! Donnez-moi son nom, prénom zet adresse… Pas que ça me gêne, je suis dehors en train de contempler le ciel étoilé tout en grillant une clope… mais je pense aux petits vieux qui, pour s’entraîner pour la maison de retraite, soupent vers 18h00 et se couchent à 20 ! Claquemurés, verroutirés, les pauvres baignent dans leur premier sommeil quand tout explose dans le bruit d’un milliard de scintillements de verre blanc… Vont croire que c’est la guerre, celle qu’ils ont préparée pour leurs petits-enfants comme leurs parents en 14 leur avaient préparé la suivante… du transgénérationnel de compétition !
Bon mais ce n’est pas le propos, je veux le nom du gars qui fait les horaires. Point c’est tout ! Déjà que ça m’étonnerait que le pauvre bougre de chauffeur puisse aller vider son chargement à 23h00 ou à 1h00 du mat. Toutes les usines doivent êtres fermées… Alors pourquoi ? Je n’en dors plus, je ressasse, je cogite, je passe des coups de fil… Vous savez quoi, il faut que j’écrive, que je leur écrive, que je pose ma question sur papier… Comme ce ne sont pas des fonctionnaires, n’ont nullement l’obligation de répondre… C’est une vague communauté d’aglo, un sivom ou dans le genre à qui on donne un beau bâtiment, des subventions, on dépose à la tête une épouse, un ami ou une maîtresse et on sous-traite le ramassage de la merdouille contemporaine et quotidienne à une entreprise dont on se contrefiche qu’elle fasse exploser en vol le sommeil inquiet des petits vieux…
ben merde alors.

y a pas que moi qui cause