Paulunetourtel

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5 octobre 2007

des camions-bennes

22h00, c’est pas possible ! A pas 100 mètres, un énorme bahut vient de s’échouer derrière les ateliers municipaux… Son gyrophare éclabousse alentour. Le bruit du diesel monte dans les aigus quand le chauffeur manœuvre la grue. Il est 22h00 et ce brave gars vient vider le gros conteneur à verre. Quand la chose parvient au dessus de la benne, la trappe s’ouvre et c’est un déchaînement de verre cassé… A 22h00 après le diesel massif qui se cogne entre les murs, la nuit s’est emplie d’une myriade de petits morceaux de verre sonores et coupants…

Pourquoi faut-il qu’il passe à cette heure-là ? Qui décide des horaires des camions-bennes. Pourquoi faut envoyer un gars à cette heure-là, faire ce boulot-là ? Justement. Donnez-moi le nom du gars, celui qui décide, qui lui termine pile à 16h42. Midi le vendredi ! Donnez-moi son nom, prénom zet adresse… Pas que ça me gêne, je suis dehors en train de contempler le ciel étoilé tout en grillant une clope… mais je pense aux petits vieux qui, pour s’entraîner pour la maison de retraite, soupent vers 18h00 et se couchent à 20 ! Claquemurés, verroutirés, les pauvres baignent dans leur premier sommeil quand tout explose dans le bruit d’un milliard de scintillements de verre blanc… Vont croire que c’est la guerre, celle qu’ils ont préparée pour leurs petits-enfants comme leurs parents en 14 leur avaient préparé la suivante… du transgénérationnel de compétition !

Bon mais ce n’est pas le propos, je veux le nom du gars qui fait les horaires. Point c’est tout ! Déjà que ça m’étonnerait que le pauvre bougre de chauffeur puisse aller vider son chargement à 23h00 ou à 1h00 du mat. Toutes les usines doivent êtres fermées… Alors pourquoi ? Je n’en dors plus, je ressasse, je cogite, je passe des coups de fil… Vous savez quoi, il faut que j’écrive, que je leur écrive, que je pose ma question sur papier… Comme ce ne sont pas des fonctionnaires, n’ont nullement l’obligation de répondre… C’est une vague communauté d’aglo, un sivom ou dans le genre à qui on donne un beau bâtiment, des subventions, on dépose à la tête une épouse, un ami ou une maîtresse et on sous-traite le ramassage de la merdouille contemporaine et quotidienne à une entreprise dont on se contrefiche qu’elle fasse exploser en vol le sommeil inquiet des petits vieux…

ben merde alors.

17 septembre 2007

vous écrire

Je travaille avec des personnes qui ont souvent plus de quatre-vingt ans. Au long de ce qu’elles me racontent, de ce qu’elles égrènent, apparaît à un moment ou à un autre la figure du maître, de la maîtresse, du professeur… A quelque fois 70 ans de là, ces petits bouts d’humains flétris et usagés se souviennent encore de ces personnages mystérieux et marquants. cet homme ou cette femme qui se trouva là au bon moment et qui sut donner ce qu’il fallait. Impulser, rayonner.

Vous faites partie de ces rares personnes, de ces maîtres et maîtresses dont on citera le nom et le prénom dans quatre-vingt ans. Imaginez Pierre, Melvyn, Alizéa en adorables vieillards, égrenant devant un micro ou une caméra leurs souvenirs des années 2006/2007. Vous ne serez sans doute plus, mais vous existerez encore dans le cœur de ces quelques petits vieux racornis.

C’est l’effet que vous produisez.

Vous voilà partie alors que nous commencions tout juste à rigoler. Les vœux par internet ont de ces injustices…

Là-bas, en plus de votre classe, vous aurez à gérer :

les enfants

les turbulents et les gnan gnan

les attachants et les repoussants

tous en même temps

les malades

les mots d’excuses

les mamans

les kermesses et les lotos

les carnavals et les sorties piscines

les relations avec la mairie

les mères en charentaises

les verruqueuses

les canons en 4x4

les morveux, les morues

les bouseux

les collègues et leurs règles

les machos, les vieillots

les monolithes et les pépites

les pères, quadragénaires, qui tomberont, nombreux, sous la coupe de votre charme et de votre fraîcheur… Le tout concentré dans vos yeux, excusez du peu !

Vous aurez à gérer tout ce petit monde et vous vous en tirerez très bien. J’en suis certain.

Belle vie à vous.

10 décembre 2006

Des chats

Dans mon village, il y a des chats, des tas de chats, des tonnes ! Des partout ! Dans la ruelle qui passe derrière l’école pour rejoindre le petit parking à droite de l’église… quelquefois 15 ou 20 chats sur à peine 200 mètres ! Ça grouille et consanguine à tout va ! Presque tous noirs. Noirs et moches ! Noirs, gris, anthracites. Un camaïeu de sombre et de déplaisant. L’archétype du greffier retors. Il faut dire qu’en face de l’église, il y a un boucher et de chaque côté du boucher, c’est plein de petites vieilles habitant de petites maisons tassées au fond de courettes sombres. Sous les porches, des voitures poussiéreuses dorment de leur dernier sommeil depuis que leur propriétaire a abandonné l’idée de rendre les routes du Tarn plus dangereuses. De véritables lupanars, des hôtels quatre étoiles pour ces fichues bestioles ! Et choyées en plus ! Les mamies nourrissent ces saloperies. Ça leur fait une sortie chez le boucher. Une le matin, une l’après-midi pour que le mou soit toujours bien frais ! Se font même livrer des croquettes par sac de 50 kilos. Les gamelles débordent, il y a toujours quelque chose à becter ! Ça leur fait une sortie aux mamies et puis ça leur fait de la causerie aussi. Une nouvelle nichée et les gens s’arrêtent, s’exclament et s’extasient bien plus fort et bien plus haut qu’au-dessus d’un berceau ! Les gamines veulent caresser ces adorables petites choses qui profiteront de la moindre faute d’inattention pour devenir d’immondes et molles choses grasses miaulantes comme dix serrures rouillées.

Alors ça pullule, c’est obligé ! Des quatre, cinq gras qui vous regardent approcher, ne s’écartant qu’au dernier moment et à contrecœur. Pour la copule et la délivrance loin des humains, les bestioles n’ont que l’embarras… l’école, la cours de récré week-end et vacances, un grand terrain plein d’arbres, taillis, bosquets, maison et grange abandonnées, un autre parc encore plus loin, l’église, des allées (et au milieu de tout ça, mon jardin !). Ils n’ont qu’une route à traverser. Des dizaines et des dizaines de chats ! Heureusement qu’ils ont la route à traverser… surtout les jeunes nichées. Ça régule !

Et comme-ci les mamies du fond des courettes n’y suffisaient pas, cette concentration d’ignominies poilues attire des hordes de retraités en manque de qui s’occuper.

Faut voir, Monsieur M. en charentaises, clope au bec, dès matines, déambuler derrière l’école avec son carton de Friskies* ou ses boîtes de Shéba* (Ces saletés même pas reconnaissantes ont droit au meilleur !) et faire poste après poste, le plein des différentes gamelles qu’il a cru bon d’ajouter aux autres. Au cas ou les p’tits chéris viendraient à manquer, avoir un creux…

Dans mon village, l’air est occupé par les pigeons et le sol par les chats. Mais heureusement l’équipe municipale veille…

  • je suis allé sur leur site pour l’orthographe: beurk !

3 décembre 2006

C'est bien l'hiver

C’est bien l’hiver ! Les feuilles tombent et les petits vieux ressortent les nichoirs à piafs. L’imagination humaine en matière d’hideuseries inutiles n’a pas de limite : chalets, petites maisons, volets, fenêtres, toit de chaumes… Je n’ai encore jamais vu de barre HLM suspendue à une branche, mais pourquoi pas !

Il faut absolument que l’homme - espèce dominante pour quelque temps encore - se projette. Même à travers les nichoirs à moineaux, il faut qu'il se projette ! Un bout de truc suspendu à une branche doit crier partout qu'il est à l'image de l’homme, qu'il lui appartient ! Que tout est sous contrôle, identifié, rassurant !

Imaginez qu’un jour les termites deviennent l’espèce dominante ! Ces gentilles bestioles nous feront d’énormes tas de boue séchée pour que nous puissions nous y réfugier dès les premiers frimas !

Merci les bestioles.