Chevènement se retire. L’info d’un dimanche soir. Chevènement se retire ! Je ne savais même pas qu’il y allait ! Quand même, un dimanche soir. A France-info, ils auraient pu trouver autre chose : Augusto, téléthon, loto des écoles… à la rigueur, mais Chevènement ! C’est comme si ce quasi inconnu venait de vendre des tonnes d’A380 (de temps en temps, je le vois passer au-dessus de ma tête, très haut dans le ciel immensément bleu. L’A380 pas Chevènement !). Pareil que s’il venait de terminer Paris-Strasbourg en tongs ! De ce genre de choses assez suspectes pour avoir le prime-time… la une du JT ! Et voilà qu’en tout bien tout honneur, drapé comme tout, le tonton de la côte nous la joue digne et détaché pour juste nous annoncer qu’il se retire. Ce non événement ensoleillé, ce rien du tout frisé… nos médias nationaux (dans un bel et unanime ensemble), le relayent à tour de news. Tempête pour une information qui n’intéresse que cinq ou sept personnes au maximum à travers le pays.

10 circonscriptions pour le prix de son sacrifice. 10 circonscriptions pour le prix d’un retrait, d’un ouf de soulagement à l’idée de ne pas devoir dire « j’ai gagné » après une énième veste un dimanche soir d’élection. Je le vois déjà le Jean-Pierre, rentrant à la maison et annonçant fièrement à Maryvonne (qui passe l’aspirateur) qu’il a négocié des circonscriptions : « Tu te rends compte minou, dix, pas une de moins ! Qu’est-ce que tu crois ? Que c’est une jeunette qui va me dire quoi faire ? Tu penses ! Ils ont bien vu chez Fabien (Place de colonel Fabien, siège du samu social socialiste. NDLA) à qui ils avaient à faire. Ha, ha, dix ! Pas une de moins que je lui ai dit… Tu veux que je mette la table minou ? »