Minuit pile, il n’y a pas si longtemps. La ruée, les embrassades, les bouchons qui sautent, les pétards qui claquent, l’année qui meurt et les vœux qui fusent… Dans la pénombre, dans les coins et les recoins de la grande salle, des rectangles blafards illuminent des visages concentrés… Tapotements frénétiques… Minuit dix, minuit vingt-trois… Etre les premiers à envoyer vœux et bonheur à au moins la moitié de l’humanité dispersée, sans voir qu’à côté, assise sur un canapé, attend une fille, seule ! Juste à côté.
Des sms mal rédigés… tellement bu et de fumer que les touches glissent, répètent des mini-mots dans de mini-phrases avec au bout plein d’exclamations ou de lol sensés représenter l’émotion entière, l’assemblance entre-eux, la complicité suprême, la symbiose parfaite, le clan, la compréhension !!!!!!!!!!!!!!!! lol
Sauf qu’à côté, assise bien droit sur le canapé, attend une fille qui n’a pas de téléphone portable. Pour elle, il n’y a que les gens autour…

Vous avez vu le coup du Ginkgo Biloba ? Ça n’a pas loupé, je vous le case et pouf, le jour même ma sœur m’annonce la mise en route du second ! Arrivée, tir groupé, presque deux années après Mauve, leur pitchoune aux yeux noirs et aux sourcils broussailleux (normal avec un père espingouin !). Un coup de Ginkgo et un marmot. Banco ! Et vous, ça vous a fait quoi ?
Moi, je vous le dis, cette année laissez tomber les cartes de vœux électroniques, les papas noël qui gigotent et quatorzejuilletisent à tour de hotte. Laissez tomber ! Faites dans la feuille de Ginkgo, l’arbre aux quarante écus. De la chance en béton armé, du garanti pur sucre pour les destinataires de vos vœux ! Amour, retour de l’être aimé, examen, chance, travaux garantis depuis trois générations, argent, succès, son don lui vient d’un grand-maître, paiement aux résultats… Pour 2007, faites dans le sérieux, le sûr, offrez la dernière feuille du Ginkgo Biloba du fond de mon jardin.
y a pas que moi qui cause