C’est clair, ce fut un mois de mai de merde. Un bien humide, bien dégueulasse. Encore hier, c’était brouillard et guimauveries. Du glacé, de l’humide…
Et bien, tout compte fait, ce fut un bon mois de mai. Suffit de regarder maintenant autour… Suffit d’une journée de plein grand cagnard, une seule, pour que tout reprenne.
Avec un peu d’attention, on pourrait voir l’herbe pousser. Tout est vert… Un vert gorgé, un vert qui déborde, un vert qui s’agrippe aux bleus des cieux, un vert qui jubile, qui dégoutte, qui suinte, qui grimpe, qui gonfle, qui pousse, qui radiculaire, qui rhizome, qui bouture, qui suppure, qui fourmirouge, qui puceronne, un vert qui boulliebordelaise… un vert, que dis-je, des verts ! Des tonnes de verts alentours, ton sur ton, accrochés aux branches, aux tiges, aux ramilles… Un mois de pluie et dès le premier jour, ils se plaignent de la chaleur…
Z’ont qu’à regarder le vert et puis se taire.
Le vert autour c’est comme le grand soir et une élection présidentielle en mieux ! C’est du renaître. Sur les toits, pigeons, tourterelles, pies, merles, geais… même des mouettes quand les vents marins les poussent jusqu’ici. Trois quatre morceaux de coton, perdus à gauche sur le bleu immense.
Le vert, en plus, à partir de 20h30, il cause. Mélange de glou glou des pigeons du clocher, des enfants pieds nus dans le jardin, des hirondelles très hautes, des mouches, des moustiques, d’une touche de vent évanouie d’odeurs et de senteurs… un linge qui sèche, une bouteille d’eau et sa condensation, un escabeau échoué sous le cerisier, une rangée de pommes de terre, de courgettes, de concombres, d’iris, de lierre…
Joyeux lundi à tous

y a pas que moi qui cause