Paulunetourtel

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27 octobre 2007

à bras le corps de garde

France-Info ma radio schizophrène vient de prendre à bras-le-corps cette grande cause nationale qu’est le handicap au travail. C’est bien ! Demain, le 28, fifi prendra à bras-le-corps une nouvelle grande cause nationale… C’est ça qui est bien avec l’immédiateté… jamais le temps de s’ennuyer… toujours que ça bouge fort.

Donc, j’apprends incidemment que les services de l’état emploient 3,69% d’handicapés…

Comment ont fait les gens de Bercy pour arriver à ce chiffre dentelle ?

  • Fonctionnaire lambda (sans la casquette) = 1
  • Cul de jatte = 0.75
  • Le fauteuil = 0.21
  • Unijambiste = 0.75
  • Borgne = 0.85
  • Aveugle = 0.63
  • Le chien = 0.14
  • Manchot gaucher ayant perdu le bras droit = 0.75
  • Manchot gaucher ayant perdu le bras gauche = 0.21
  • Manchot droitier ayant perdu le bras gauche = 0.75
  • Manchot droitier ayant perdu le bras droit = 0.21

25 mars 2007

des lotos…

Dans mon village l’amuserie number one, c’est le loto. Dans les environs c’est aussi l’amuserie number one ! D’où je viens c’était plutôt la belote ou la manille. Ici c’est le loto. La moindre parcelle associative organise une fois l’an son loto. C’est obligé, comme un rite initiatique. Tu fais vraiment association, groupement d’humains que quand tu organises ton petit loto à toi au moins une fois l’an ! Sinon tu fais pas vraiment parti ! T’es à la marge, au bord. Foot, tarot, pétanque, accordéon, rugby, bibliothèque, randonneurs, véttéteurs, volleyeurs, ekcétéreur… Une fois ou l’autre dans l’année, nous y avons droit. Samedi prochain, grand loto, quine et double quine, carton plein… Avec des lots à gagner, mazette, des jambons, du vin, des filets garnis, des cochons, un canard, du vin encore… z’aiment bien le manger par ici ! Au début, dans une sorte de professionnalisme ethnologique, je me suis rendu à ces réunions genre Tupéroir du terroir… pour voir ! Ça vaut le coup de s’y rendre. C’est du sérieux. Y a même des huissiers qui vérifient, des rites, des mots, du jargon, du bruit, des cris, des sifflements, du désappointement… Et dans le coin à droite, y a forcément la buvette. Pour ceux qui ne jouent pas, mais qui regardent les autres jouer tout en buvant. Eux, c’est pareil, ils crient quand tout le monde hurle, ils se taisent avec les autres. Ils ne jouent pas, mais participent de toute leur âme. Et puis c’est pour la bonne cause qu’ils ne décollent pas du zinc, c’est pour les amis de l’école ou les amis du foot, ou les amis du rugby… pour acheter des maillots, un filet ou partir en classe verte… pour la bonne cause qu’ils descendent l’une après l’autre des Heineken tièdes. La salle des fêtes est encore fraîche et aérée. Bientôt elle sentira la sueur et le parfum mélangé des 400 personnes attablées, des crêpes, de quelques pets et rots discrets, du café… Heureusement que l’on ne fume plus dans ces endroits.

Donc, le loto, pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas cet admirable passe-temps, c’est comme le loto de dans le poste. Vous avez des grilles cartonnées (que vous achetez à l’entrée), découpées en rectangles chiffrés. 5 par ligne. 3 lignes par carton. Les habitués, les accros ou les pros font la queue devant la porte de la salle des fêtes pour être les premiers à choisir les cartons. C’est scientifique ! Ils ont leurs chiffres fétiches, leurs combinaisons gagnantes, leurs martingales imparables. Ils sont les premiers devant la porte de la salle des fêtes. Ils choisissent, des rides plein le front, pour aller ensuite s’asseoir en famille. Ils ne bougeront plus pendant quatre heures. Souvent les cartons sont verts. Pendant la cérémonie, des animateurs officient sur l’estrade. Une personne fait tourner les boules marquées d’un numéro dans une sorte de lessiveuse transparente (comme à la télé je vous dis !), les sort une par une et les passe à l’animateur qui les hurle à la salle. L’animateur est là pour dire les numéros, les enjeux de la partie et une connerie différente par numéro. Ici, quand tombe le 81, numéro de notre département, la salle pousse des soupirs béats de contentement et des rires de joie. Quand sort le chiffre honni 12, la salle hurle, siffle et tempête, car le 12 représente nos voisins les Aveyronnais, qui comme chacun sait sont des gens pas comme nous et qui nous le rendent bien. Donc, ça c’est pour l’ambiance. L’animateur pousse ses hurlements et la salle dispose sur ses petits cartons verts des jetons ou des grains de maïs sur le numéro tiré par le hasard. Quine est le mot de code qu’il faut hurler quand vous êtes le premier à avoir les cinq chiffres de votre grille recouverts par un jeton ou un grain de maïs. Vous vous souviendrez : QUINE ! Après il faut lever bien haut le bras pour qu’un vérificateur bénévole et assermenté vienne vous enlever votre grille à fin de vérification. Si vous ne vous êtes pas lamentablement trompé, le vérificateur revient avec votre carton et votre lot. Alors, vous êtes content. Surtout quand c’est un cochon ou du vin. Il peut avoir des doubles quines et des cartons pleins. Ça, c’est à la fin pour les supers lots, genre téléviseur, VTT ou autres indispensabiltées.

Le législateur est arrivé jusqu’à nous puisque dorénavant le maïs est interdit. Mais l’intelligence de l’homme ne s’est pas laissé entraver par cette basse manœuvre. L’homme il a inventé le « kit spécial loto ». Les jetons sont transparents, pour bien distinguer les numéros, bombés pour une meilleure manipulation et surtout, surtout cerclés d’un anneau de métal. Car dans le « kit spécial loto », vous avez également une sorte de hochet en plastique dont le grelot a été remplacé par un aimant. Vous n’avez qu’à survoler la zone du carton vert que vous voulez démarquer pour que tous vos jetons viennent se coller à votre hochet. Ça fait plein de petits bruits, clac, clac, clac… multipliés par 400 personnes quand l’animateur annonce la fin de la partie en disant : « vous pouvez démarquer ».