Dans mon village, il y a des chats, des tas de chats, des tonnes ! Des partout ! Dans la ruelle qui passe derrière l’école pour rejoindre le petit parking à droite de l’église… quelquefois 15 ou 20 chats sur à peine 200 mètres ! Ça grouille et consanguine à tout va ! Presque tous noirs. Noirs et moches ! Noirs, gris, anthracites. Un camaïeu de sombre et de déplaisant. L’archétype du greffier retors. Il faut dire qu’en face de l’église, il y a un boucher et de chaque côté du boucher, c’est plein de petites vieilles habitant de petites maisons tassées au fond de courettes sombres. Sous les porches, des voitures poussiéreuses dorment de leur dernier sommeil depuis que leur propriétaire a abandonné l’idée de rendre les routes du Tarn plus dangereuses. De véritables lupanars, des hôtels quatre étoiles pour ces fichues bestioles ! Et choyées en plus ! Les mamies nourrissent ces saloperies. Ça leur fait une sortie chez le boucher. Une le matin, une l’après-midi pour que le mou soit toujours bien frais ! Se font même livrer des croquettes par sac de 50 kilos. Les gamelles débordent, il y a toujours quelque chose à becter ! Ça leur fait une sortie aux mamies et puis ça leur fait de la causerie aussi. Une nouvelle nichée et les gens s’arrêtent, s’exclament et s’extasient bien plus fort et bien plus haut qu’au-dessus d’un berceau ! Les gamines veulent caresser ces adorables petites choses qui profiteront de la moindre faute d’inattention pour devenir d’immondes et molles choses grasses miaulantes comme dix serrures rouillées.

Alors ça pullule, c’est obligé ! Des quatre, cinq gras qui vous regardent approcher, ne s’écartant qu’au dernier moment et à contrecœur. Pour la copule et la délivrance loin des humains, les bestioles n’ont que l’embarras… l’école, la cours de récré week-end et vacances, un grand terrain plein d’arbres, taillis, bosquets, maison et grange abandonnées, un autre parc encore plus loin, l’église, des allées (et au milieu de tout ça, mon jardin !). Ils n’ont qu’une route à traverser. Des dizaines et des dizaines de chats ! Heureusement qu’ils ont la route à traverser… surtout les jeunes nichées. Ça régule !

Et comme-ci les mamies du fond des courettes n’y suffisaient pas, cette concentration d’ignominies poilues attire des hordes de retraités en manque de qui s’occuper.

Faut voir, Monsieur M. en charentaises, clope au bec, dès matines, déambuler derrière l’école avec son carton de Friskies* ou ses boîtes de Shéba* (Ces saletés même pas reconnaissantes ont droit au meilleur !) et faire poste après poste, le plein des différentes gamelles qu’il a cru bon d’ajouter aux autres. Au cas ou les p’tits chéris viendraient à manquer, avoir un creux…

Dans mon village, l’air est occupé par les pigeons et le sol par les chats. Mais heureusement l’équipe municipale veille…

  • je suis allé sur leur site pour l’orthographe: beurk !