Je travaille avec des personnes qui ont souvent plus de quatre-vingt ans. Au long de ce qu’elles me racontent, de ce qu’elles égrènent, apparaît à un moment ou à un autre la figure du maître, de la maîtresse, du professeur… A quelque fois 70 ans de là, ces petits bouts d’humains flétris et usagés se souviennent encore de ces personnages mystérieux et marquants. cet homme ou cette femme qui se trouva là au bon moment et qui sut donner ce qu’il fallait. Impulser, rayonner.

Vous faites partie de ces rares personnes, de ces maîtres et maîtresses dont on citera le nom et le prénom dans quatre-vingt ans. Imaginez Pierre, Melvyn, Alizéa en adorables vieillards, égrenant devant un micro ou une caméra leurs souvenirs des années 2006/2007. Vous ne serez sans doute plus, mais vous existerez encore dans le cœur de ces quelques petits vieux racornis.

C’est l’effet que vous produisez.

Vous voilà partie alors que nous commencions tout juste à rigoler. Les vœux par internet ont de ces injustices…

Là-bas, en plus de votre classe, vous aurez à gérer :

les enfants

les turbulents et les gnan gnan

les attachants et les repoussants

tous en même temps

les malades

les mots d’excuses

les mamans

les kermesses et les lotos

les carnavals et les sorties piscines

les relations avec la mairie

les mères en charentaises

les verruqueuses

les canons en 4x4

les morveux, les morues

les bouseux

les collègues et leurs règles

les machos, les vieillots

les monolithes et les pépites

les pères, quadragénaires, qui tomberont, nombreux, sous la coupe de votre charme et de votre fraîcheur… Le tout concentré dans vos yeux, excusez du peu !

Vous aurez à gérer tout ce petit monde et vous vous en tirerez très bien. J’en suis certain.

Belle vie à vous.