oui-oui aux JO de Berlin
Par paul le 21 décembre 2007 - écrivement - Lien permanent
Je vous l’avais promis, je vous le livre : pourquoi Jonathan Littell a obtenu le prix Goncourt.
Résumé du truc :
- 900 pages écrit petit sans espace ni retrait de texte
- sujet : dans la peau d’un nazi préposé aux basses besognes
- homo
- à côté de ce bouquin, « la mort est mon métier » c’est oui-oui chez les nazis
- deux écoles : ceux qui ont vomi leur quatre-heures et ont abandonné à la page 122 et ceux qui peuvent dire (avec des trémolos dans la voix) j’ai terminé « les bienveillantes »
Faisant partie de la seconde, je suis arrivé sans crier gare à la page 715, suivie de la 716… la 717… et là j’ai commencé à ressentir des picotements bizarres… Des trucs que mes yeux lisaient, mais que mon cerveau n’arrivait pas à analyser. Et puis aussi j’avais le souffle court. Je me suis arrêté et je suis remonté dans les lignes. A la recherche du point, du début de la phrase. Juste pour voir… une sorte de pressentiment. J’ai fini par retrouver le début, au milieu de la page 715 (dans l’édition Gallimard !) et je suis de nouveau parti dans le bon sens à la différence notable, que cette fois-ci je lisais à haute voix. Quand je suis arrivé au point final de cette phrase, le bas à droite de la feuille indiquait 718 au compteur ! Presque 4 pages ! 120 lignes à environ 17 mots par ligne ! Une seul phrase ! Une phrase de plus de 2 000 mots. Fichtre et malpeste.
C’est pour ça qu’il l’a eu le truc ! Il y a longtemps que nous n'avions pas connu une cassure aussi intersidérale dans la littérature française.
Fi donc de la polémique (allez voir les commentaires de Chevènement sur son site : à pisser de rire), moi, j’ai adoré ce livre.

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