mon CV au Médef
Par paul le 11 décembre 2007 - les p'tites résistances - Lien permanent
Cette année on a merdouillé sur les timings. Entre deux trajets d’activités mercreditesques et enfantines, des temps d’attentes, des no mans’lands courts et paradoxalement un peu longs se sont intercalés. Une heure pour ainsi dire, 60 minutes et autant de seconde par minute. Laps de temps d’attente pour que l’un ou l’autre de mes amours entre ou sorte d’une activité musicale ludique et incertaine.
C’est comme ça ! Faut attendre… et pendant ce temps je ne peux entreprendre grand chose. Ni biographie complète, ni travaux légendaires, ni grand dessein, ni rien… Juste trainouiller une heure, avec sous le bras, la pochette contenant un cahier couvert de gammes et de participations.
Comme le souhaite si très fort l’ensemble de nos énarques, je me suis mis en quête de remplissage.
Le temps mort, comme son nom l’indique est mort, mais le temps étant soi-disant de l’argent, ma conscience citoyenne et républicaine me poussa à trouver quelque chose à faire durant ces parenthèses de temps inoccupées, non productives, beurk, caca…
Un enfant à mes côtés, me mis-je ainsi à parcourir les rues adjacentes de l’école nationale de musique de G.
Pour finir par atterrir au Picotin, vieux bistrot jaunâtre : son billard, son baby-foot et son énorme patron moustachu…
Lors de mes premières visites, mes oreilles n’en crurent pas leurs oreilles… blues, jazz à pas croire, vieux rock à pleurer par terre, du pur bœuf, de l’extra comme pas possible… Je me suis approché semaine après semaine du patron, du bar et de l’étagère où il range ses CD… Ali baba et les 40 rockeurs, à faire pleurer un contrôleur de la Sacem… A pas croire possible dans cette bonne ville de G., Face au garage Opel et au local de l’USPTT section cyclotourisme.
Depuis, un café, un carnet, un crayon, un enfant, un baby, un billard dans l’odeur jaunâtre du tabac froid. Car le géant patron, finaliste malheureux aux championnats du monde de flemme refuse de brancher l’extracteur de fumée because, après faut nettoyer les filtres et ça lui fait tout un travail… Alors qu’il peut tranquillement parler pêche, chasse avec la faune qui entre et sort nonchalamment au gré des tranches horaires…
Nous ? Ben nous on cause musique… La dernière fois : un solo de 20 minutes de Christian Wonder, cultissime créateur et batteur de Magma. On reste planté là, les yeux dans le vide et dans la musique… à juste attendre que le temps passe.
Avec un CV comme ça, ils ne voudront jamais de moi au Médef.
Après je rentre vite faire le repas parce que l’après midi c’est foot…

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