Stoïcien à tendance Schopenhauer...

L'humain aime mettre son environnement et surtout ses voisins dans des cases. De belles petites cases bien propres, bien rangées, accessibles, toujours à porté de la main. En général, la plus grosse boîte est réservée aux cons. Faut dire qu'il y en a des tonnes, partout, tout le temps... Les collègues, sur la route, à la télé, dans la radio, à la sortie de l'école, sur les gradins des stades, dans les files d'attentes... Partout, je vous dis ! Ensuite viennent les boîtes plus petites. Celles pour les chieurs, les emmerdeurs, les impôts, la pub par téléphone, les copains pas vraiment copains, la famille, le ou la conjointe... Les emmerdeurs, les radoteurs, renifleurs, squatteurs, étrangeurs, persifleurs... Une case pour chaque, pour être sûr de ne pas se tromper. C'est comme ça, l'humain faut qu'il case, range et segmente. Ce qui est le plus drôle c'est le bordel qu'on peut trouver dans des maisons appartenant à des humains spécialistes du rangement de case. Des pontes de l'étiquette, de la petite boîte adéquate... Sans doute ont-ils tellement d'occupation à étiqueter tout ce qui passe qu'ils n'en n'ont plus pour ranger chez eux. Une autre histoire.

Il faut que je vous narre ce qui m'arriva voilà maintenant plusieurs mois. Je sais c'est pas du neuf, c'est pas du jour... Mais si je vous la livre, cette histoire, c'est qu'elle a passé avec succès le test du temps, de l'intérêt et de la mémoire... Combien de news exclusives peuvent en dire autant, hein ? Pas bézef, je sais !

Bon, mon histoire. Le lieu : les toilettes, un personnage : moi, une revue trouvée dans les toilettes : sciences humaines de juillet (de cette année quand même !), un feuilletage distrait, jusqu’à ce que je tombe sur les pages 32 et 33. Une doublette faisant partie du dossier du mois : « les lois du bonheur », rien que ça. Même pour le bonheur faut des lois. Pour une fois, l’adage à la con « nul n’est sensé ignorer la loi » pourrait, être employé à bon escient. « Nul n’est sensé ignorer les lois du bonheur ». Et toc !

Je feuillette, je parcours en biais, je survole (je ne sais pas lire aux toilettes. A la limite « le journal de Mickey », mais faut pas m’en demander plus), quand je tombe soudain sur se qui va devenir ma boîte à moi. J’ai entre les mains de quoi fabriquer ma propre petite boîte dans laquelle je vais enfin pouvoir me ranger, bien douillet. Si les autres veulent me voir faudra bien qu’il rentre dans ma boîte et si cela ne leur convient pas, ils resteront en dehors… Re-toc !

Il faut que je parte, c’est journée portes ouvertes à l’Université Pour Tous ct’aprème (ils auraient dû l’appeler « après-midi portes ouvertes », mais ça semble moins porteur. Faudra que je demande.). J’anime un atelier chez eux. Il faut que je sois présent, vendre ma sauce. Je vous raconte le reste bientôt…