Paulunetourtel

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

25 décembre 2007

le père noël a mis ses bottes de sept nains

Croyez pas que je me lève et que je m’attèle chaque matin (relâche le week-end) à la rédaction de ces diamants bruts que sont les bla, bla de Paul… Croyez pas ! Je programme ! C’est ça le secret : la programmation. Je vous souhaite un joyeux Noël du fond du cœur et droit dans les yeux alors que là, présentement, je comate doucement à 6 ou 700 kilomètres de mon PC. Je vous cause aujourd’hui en direct live alors que c’est même pas vrai.

Bientôt ce n’est même plus moi qui écrirai… en vrai.

24 décembre 2007

soleil bleu

« Des fois, je sais pas pourquoi quand je vous regarde… je regarde notre vie, je me dis que c’est bien… ça me donne envie même de pleurer… parce que je suis content… »

P., 10 ans, un de mes soleils.

21 décembre 2007

oui-oui aux JO de Berlin

Je vous l’avais promis, je vous le livre : pourquoi Jonathan Littell a obtenu le prix Goncourt.

Résumé du truc :

- 900 pages écrit petit sans espace ni retrait de texte

- sujet : dans la peau d’un nazi préposé aux basses besognes

- homo

- à côté de ce bouquin, « la mort est mon métier » c’est oui-oui chez les nazis

- deux écoles : ceux qui ont vomi leur quatre-heures et ont abandonné à la page 122 et ceux qui peuvent dire (avec des trémolos dans la voix) j’ai terminé « les bienveillantes »

Faisant partie de la seconde, je suis arrivé sans crier gare à la page 715, suivie de la 716… la 717… et là j’ai commencé à ressentir des picotements bizarres… Des trucs que mes yeux lisaient, mais que mon cerveau n’arrivait pas à analyser. Et puis aussi j’avais le souffle court. Je me suis arrêté et je suis remonté dans les lignes. A la recherche du point, du début de la phrase. Juste pour voir… une sorte de pressentiment. J’ai fini par retrouver le début, au milieu de la page 715 (dans l’édition Gallimard !) et je suis de nouveau parti dans le bon sens à la différence notable, que cette fois-ci je lisais à haute voix. Quand je suis arrivé au point final de cette phrase, le bas à droite de la feuille indiquait 718 au compteur ! Presque 4 pages ! 120 lignes à environ 17 mots par ligne ! Une seul phrase ! Une phrase de plus de 2 000 mots. Fichtre et malpeste.

C’est pour ça qu’il l’a eu le truc ! Il y a longtemps que nous n'avions pas connu une cassure aussi intersidérale dans la littérature française.

Fi donc de la polémique (allez voir les commentaires de Chevènement sur son site : à pisser de rire), moi, j’ai adoré ce livre.

18 décembre 2007

soir

Ah ! ça y est, c’est reparti ! J’allume les lumières, un rôti dans le four, Mozart et ses sonates (Nom de dieu, je suis tombé sur quelques-unes… d’une incroyable modernité, un rythme époustouflant… Je ne savais pas, moi ! J’entendais toujours : Mozart par ci, Mozart par là, gnan, gnan… Mais franchement je ne savais pas…), un chat qui mâchouille tout ce qui bouge, des enfants en phase bain, pyj’, manger, dessiner, rummiskuber, lire, chanter, mettre les chaussures de maman et faire des clac, clac, clac avec les talons partout dans le salon…

Moments comme j’aime. Mon ressac. Ma fin de journée (je vous ai pas raconté ? Lundi de merde !), mon terminus, mon sas, mon retour…

L’impression de remettre mon costume d’humanité.

12 décembre 2007

trip au lit

Le militant milite

Le militaire aussi

L’or pépite

Le fer crépite

Les crêpes au sucre aussi

Les écrivains écrivent

Les continents dérivent

Les églises se vident

Les échevins s’acheminent

Les pochtrons avinent

Les marocains tajinent

Les images ginent

Les misters binent

Les terres hinent

Les Philippes aussi

Les tantes tinent

Les goujons taquinent

L’ongulé équine

Noa aussi (parce que la quinoa)

Et tout ça pourquoi ?

10 décembre 2007

à quoi ça tient...

J’ai découvert pourquoi Jonathan Littell avait obtenu le prix Goncourt… Vous avez sans doute entendu parler de ce pavé de 900 pages, écrit petit, sans espace ni pratiquement aucun retrait de texte. Pavé dans tous les sens du terme. Gris, monumental, froid… excessivement bien écrit.

Il a obtenu son prix grâce aux pages 715, 716, 717 et 718 (pour l’édition Gallimard)! Ni plus ni moins ! Et encore la 715 et la 718 comptent que pour la moitié !

Il a écrit 900 pages, mais ce sont ces quatre-là qui lui ont valu le prix… A quoi ça tient, hein…

Si vous êtes sages (et si vous me le demandez gentiment) je vous dirai pourquoi.

5 décembre 2007

si tout le reste s’effondre

Mercredi ou ça y ressemble furieusement, mes enfants avec moi. Chacun devant une page blanche. Chacun d’un côté et de l’autre de la table du salon. Chacun avec bic ou feutre à la main. Elle en culotte ! Un, parce qu’elle perd sa jupe à chaque fois qu’elle va aux toilettes (et elle y va souvent !) et deux : parce qu'il était très urgemment important qu’elle se mette à dessiner « comme lui » dans l’immédiate seconde où l’idée de se mettre à dessiner tous les trois a été évoquée… Elle en culotte. Rose ! J’ai récupéré des morceaux de ma chaîne hi-fi. Des morceaux essentiels ! Ampli et enceintes. Putain deux ans sans ! Alors, au hasard (enfin presque au hasard !) Je mets des CD que je connais presque même plus… Des fois c’est chiant comme la pluie ou c’est pas le moment ! Et des fois c’est la perle du Bengale, le diamant…

Les deux en face de moi dessinent, chantent, parlent, bougent, gesticulent, rampent et reptent tout à la fois, ondulent comme des vermisseaux joyeux… Bref n’arrêtent pas une seule micro seconde de temps. Tout en même temps ! Là, ils miment, tout en dessinant consciencieusement collés à leur feuille, ils miment le roi lion, le film ! Une partie du roi lion. Une petite partie ! Une phrase en fait ! Quand les hyènes parlent des lions et disent « et en plus ils sont dégouttants » Deux cent fois, déjà, qu’ils jouent avec cette phrase avec délectation et gourmandise. Sur tous les tons, à toutes les vitesses, avec des tas d’intonations différentes, trouvant même des jeux ! Chacun leur tour, ils prononcent une syllabe… dé-goû-tant, dé-goû-tant … Entre deux, entre chaque jeu, ils papotent, blablatent, me demande de juger, d’apprécier leurs œuvres, de commenter, de m’esbaudir, de me pâmer… Bien sûr, parce que pendant tout ce temps la, ils dessinent. Ne se sont pas arrêtés une seule seconde !

Moi, je fonds de les écouter… Je suis à moins d’un mètre d’eux. J’ai une forme d’existence comme seuls les enfants savent vous créer ! Je suis là sans l’être vraiment. J’existe à demi, je viens et m’en vais du devant de leur esprit, au gré des idées et des émotions qui les traversent et se télescopent en permanence dans leur dedans ! Ça se passe à des vitesses stratosphériques, ça n’arrête jamais. Ils gigotent d’idées, de sons, de phrases, de sentiments, de mélangements, de grouillements, de fourmillements, de chatouillements divers et variés.

Je suis au bord de tout ça ! Je suis à un mètre à peine de ces soleils incandescents. Je suis le père, le responsable et le protecteur impuissant de cette énergie pure. Intacte ! Universelle ! Eternelle ! J’ose à peine relever la tête, j’ose à peine respirer, j’écris à jets continus ! La seule activité qu’ils respectent à moitié. Me déranger sous aucun prétexte ! J’ose rien de peur de casser, de faire valdinguer cette harmonie précaire. Tout semble léger… ça ne dure que quelques fractions de seconde, mais j’ai l’impression d’entrapercevoir la paix sur terre. Le Zen absolu. La sérénité en alliage massif ! Je me retrouve comme devant une nouvelle espèce, de celle qui m’accepterait à proximité immédiate de son aire de jeux à la condition express que mon immobilité et mon silence me fassent disparaître. M’ont fait me carapater à la périphérie ! A la proche lisière ! Je peux juste être au bord… Et rien que pour ça j’ai le sentiment d’un bonheur rare ! Une sorte de perle..

Cette conscience aiguë d’avoir deux étranges êtres, si déjà grands et réfléchis et encore tellement à protéger et à aimer…

Si tout le reste devait s’effondrer, je garderai cela avec moi. Jusqu’au tréfonds des temps ! J’aurais au moins réussi ça !

30 novembre 2007

prozac sur tarn

Préparez-vous ! Je vous laisse le week-end pour le faire. Les deux premiers « posts » de la semaine prochaine sont longs (très longs) et débordants d’une joie pure et d’une vision simple de la vie…

Je vous aurai prévenu.

Un peu comme le regard émerveillé d’un enfant face au sapin de noël qui clignote. Comme dans une pub pour coca…

26 novembre 2007

tapette dans un verre d'eau

1-14 Requiem K626

15 Ave verum corpus K618

16-21 Missa brevin in D minor K65

Ecrit comme ça, ça ressemble à une maladie rare, une feuille d’impôt bulgare ou les ingrédients d’un sachet de bonbons haribo. En fait c’est du Mozart, un coffret entier de messes… Je ne sais trop ce qui m’a pris à la médiathèque…

Et puis la galette sur le porte gobelet, les voix qui grimpent, la musique qui embrase tout. J’ai passé une après-midi à peindre avec Mozart. Je crois que jusqu’à la fin de mes jours, ces messes seront associées à la couleur Jaune.

C’est comment Mozart ? Jaune !

Le soir, j’emmène le poste dans la salle de bain. Prendre ma douche avec la musique…

Même le bruit de l’eau ressemble à des ongles sur un tableau noir à côté de ces voix qui s’élèvent par-delà les âmes.

Je n’avais jamais rien entendu de si beau.

22 novembre 2007

chippendales avec des frites

ça y est, vont encore dire que je coupe en quatre, que je cérébrale mesquin… ça s’est passé exactement ce matin. J’étais en train de trempouiller gentiment mon morceau de fougasse et son demi centimètre de beurre dans mon café tout en laissant errer mon regard sur le plan de travail de la cuisine. Petit Verdun dédié au dieu miam, miam. En français dans le texte : couvert du bordel de la veille. Je contemplais un gros tube de sel planté là. Marqué dessus « Sel » en gros et « fin » en plus petits caractères. Je suis plutôt habitué à une baleine, quelque chose qui rappelle la mer… même si l’on a peu vu de baleine depuis un siècle du côté de Saint Hilaire de Riez (Vendée !)

Les gars du marketing de la marque « chante sel », sans doute à cours de baleine et d’imagination ont représenté une montagne. Avec, en avant plan, une sorte de glacier…

Petit cheminement cérébral entre le neurone qui me hurle de retourner me coucher et celui qui veut un autre café… Une montagne pour représenter la mer… drôle d’idée… A moins que… non, ils n’auraient pas osé ! Je me précipite lentement sur mes lunettes et le gros tube de sel… cherche le symbole FR dans la petite pastille.

Tout petit écrit : « sel issu de mers anciennes ». Véridique !

Je sale mes frites avec de tous petits morceaux d’Himalaya.

Si ça, ce n’est pas bouffer la planète à pleines dents !

Spécial dédicace pour Marylou :

"C’est de l’infini quotidien que naît l’essentiel."

Bath, hein ? C’est de moi !

- page 1 de 3