Paulunetourtel

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Dans mon village il y a...

Dans mon village, il y a des feux tricolores, des pigeons, des vieux, des chats, des vieux qui donnent à manger aux chats, des maîtres d'école, des bouchers, des boulangères à forte poitrine, un débit de tabac à côté d'une banque, une poste avec derrière les vitres des postières endormies... Dans mon village, il y a aussi une rivière qui coule, avec des bateaux dessus qui flottent et des pêcheurs sur le bord... Il y a tellement de choses dans mon village.

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7 janvier 2010

aujourd’hui c’est motion

Aujourd’hui c’est motion ! Encore du bruit avec des mots dedans. De grandes déclarations, du beau avec des alinéas et des articles L quelque chose… L’opposition qui nous pond la première motion de notre mandat.

Putain ! J’aime la démocratie. Si c’est vrai ! Globalement ! La démocratie, la vraie. Mais peut-on être un véritable démocrate et en même temps assassin de conseillères municipales maquillées ? Le peut-on ?

Du bruit et des raisonnements sous les néons pâles.

Bon dieu, le « hache-un haine-un » pourrait pas frapper chirurgicalement ces pouffes bruyantes, gloussantes et caquetantes… qui rentreront bientôt dans leurs maisons électriquement confortables, le sentiment envoûtant du devoir accompli accroché au coin des lèvres.

Le bruit des bouches continu ! Un grand bon en avant de la démocratie. Des choix massifs, du risque mesuré, de l’ambition motivée, des déclarations en plein… rien moins, des votes certains, des airs entendus, regards appuyés. J’en pleurerai…

Du bruit avec des mots dedans.

Tous après moi… « Allons enfants de la patrie… »

16 décembre 2009

Du causement dans le poste

Je souhaite ajouter une nouvelle fracture. Après la sociale, l’économique, la politique, la financière et l’énergétique, voici que vient la fracture des mots. Que je pourrai appeler aussi la fracture langagière. C’était ce matin sur ma radio-croissant-pain-beurre préférée. Une journaliste parlant des z’événements de Lyon a réussi à placer « disert » et « algarade » dans la même phrase. Sur le coup j’ai trouvé rigolo l’emploi de ces mots, ce n’est pas courant. Mais à la repensure, j’imagine la tête de ceux qui savent pourtant que l’on parle d’eux mais qui n’en comprendre l’exact sens… Comme une insulte supplémentaire, une volonté délibéré de se placer plus haut, au dessus, loin… parisien !

Faites le test, demandez autour de vous ce que veut dire « algarade »…

disert : (en langage recherché) parlant facilement, s'exprimant d'abondance et élégamment

algarade : altercation, querelle

10 décembre 2009

des routiers

Transports : « tout faire pour que les fêtes se passent bien » (France-inter, mardi 8 décembre). Tout faire surtout pour que les hypers, nos amis pour la vie, soient plein de trucs chinois et de bouffe blistérisée, tout faire en fait pour que les consommateurs consomment… que rien n’arrête la course à la croissance, que rien ne freine le plan de relance…

Que tout se passe bien, que la bouffe coule à flot, que les petits euros des petites gens forment de grandes rivières vers les hypers !

Mais qu’ils y aillent. A fond les routiers ! Qu’ils foncent, qu’ils freinent, qu’ils escargotent, qu’ils pilent, qu’ils tournent… mais qu’ils le fassent !

Allez les gros bras, un peu de couille. Allez au bout ! Rendez-nous les fêtes rigolotes pour une fois. Donnez-nous l’occasion d’imagination, donnez-nous l’occasion de nous tourner vers d’autres commerces, d’autres idées, d’autres convives, d’autres proximités…

Allez !

28 octobre 2009

froid bleu

Froid bleu du matin. Premières gelées. De minuscules mésanges virevoltent et grignotent des bouts d’arbres. Quelques miettes aux poissons. Café qui fume. Encore une bûche dans le poêle. Crépitements joyeux.

Merde j’suis en retard.

6 octobre 2009

Bienvenue chez les furieux

Faut que je vous narre et vous z’évoque un truc qui m’est arrivé il y a peu.

Vous l’avez peut-être compris mais Paul habite depuis quelques années dans un coin reculé du sud-ouest. Un endroit où les principaux actionnaires de chez Ricard côtoient sans vergogne des chasseurs, des ramasseurs de champignons, des pêcheurs et des joueurs de boules. Sachant que l’élite cumule avec brio plusieurs casquettes pour peu qu’elle soit à la retraite.

Mais il existe encore d’autres catégories : le quinziste, le fan (déçu souvent) du SCA (Sporting Club Albigeois) et le verbillant treiziste. Là, nous entrons présentement dans l’univers abscons du rugby (prononcez Ruby).

La France et l’immense majorité des foules acclament 15 furieux aux faciès de pékinois défoncés et aux sourires édentés en train de se mettre sur la tronche avec un plaisir communicatif. Par souci évident d’intégration, il m’arrive de poser trois questions et surtout de rester planté devant un match, regardant plutôt dans la salle que sur l’écran. C’est à peu près tout ce que je connais sur le jeu à quinze. Sinon que je croise de temps en temps quelques armoires aux bras tatoués gros comme mes cuisses.

Et puis récemment, un vendredi soir, je me suis retrouvé foncièrement par hasard devant un quart de final obscur entre les « dragons catalans » (ça ne s’invente pas) et une équipe anglaise. Cette fois-ci, ils n’étaient que treize à courir partout et à se donner des coups avec cet entrain habituel et joyeux si caractéristique de cet étrange sport. Je venais d’entrer dans un nouvel univers. Je venais d’entrer chez les treizistes !

Un club-house perché à côté d’un terrain illuminé. Des familles, des enfants, des ventres, la bière à 1 euros, un écran géant, un décodeur pirate pour suivre en direct, des commentaires en anglais donc, mais couverts par les hurlements de mille bombardiers, le grondement de cent cascades, les arrachements gravionnaires de 10 chariots élévateurs… tout ça éructé par 50 personnes debout autour d’un long bar en bois (je vous l’ai dit, la bière à un euros !)

Un accueil magique, une simplicité éthylique, des assiettes de tapas, plein de coups gratuits, les dragons qui gagnent, des mouvements sur l’écran que je ne comprends pas toujours, je me contente de hurler avec les autres, les bières arrivant en flot ininterrompu, des explications pointues (putains d’angliches), des commentaires avisés (enculé d’arbitre…), des rires à n’en plus finir, des soubresauts pansus, des tapes sur l’épaule, des rougeurs, de la sueur…

80 minutes de bonheur.

Allez les dragons !

21 septembre 2009

salade nature

Je voulais juste vous mettre cette image. Mais, en cherchant l'orthographe de "respouchous", je suis tombé sur cet article. Il à beau être 9h27, je me ferais bien une petite salade accompagnée d'un pain aux noix et d'un verre de rouge.

Et puis aussi, ça serait bien qu'on soit déjà au printemps...

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10 septembre 2009

regarde les insectes tomber

C’est tellement lourd parfois, ça colle tellement qu’il faut absolument passer à autre chose, raconter autre chose. Du léger, du fin, de l’aérien… ça tombe bien j’ai ça en magasin.

Je vais vous raconter une histoire, une histoire d’insectes. Des bestioles qui tombent. D’infinies microscopiques, ridicules, magnifiques bestioles qui tombent.

Déjà il vous faut le Tarn. Le département et la rivière. Je ne sais pas si ça marche avec d’autres rivières. Bien, prenons le Tarn. Ensuite il vous faut des soirs d’été. Plusieurs ! de ces soirs d’après chaleur. La vraie, la presque 40 à l’ombre. Faut que ça dure plusieurs jours, que les bestioles incubent comme des folles. Quand tout est à peu près réuni, il vous faut du mois d’août minimum. De la fin août. C’est pas calendaire comme bestioles, ça fait un peu n’importe quoi n’importe quand. Faut guetter. Faut venir, revenir et revenir encore.

ça commence par une flambée

Vous êtes presque prêt. Il ne vous manque que l’endroit (un plage de galets en bordure conviendra), un pique nique, des amis, des enfants, du temps, de la cochonnaille du sud ouest, du rouge du sud ouest et des légumes du sud ouest (mais non je ne suis pas chauvin !) pour faire passer… On approche, on approche.

La nuit. Vous voilà à pied d’œuvre. Après une baignade rafraîchissante, vous vous laissez mollement glisser vers la nuit. La fraîcheur qui vient du Tarn est portée par une brise légère. Ça fait du bien. Le soir tombe. Heureusement, vous avez tout prévu. Dans votre coffre se trouve l’indispensable attirail pour faire un feu. Une jolie flambée crépitante que vos gamins s’empressent de transformer en brasier…

La nuit tombe, le vent s’est posé à même le sol, les animaux nocturnes décident de débuter leur sarabande dans votre cou.

Le feu s’est calmé, nous nous sommes rapprochés. Au début rien, quelques bestioles au bord de notre champ de vision… Une, deux à se jeter sur le feu. Puis de plus en plus. Ça y est, elles sont là ! Dans le halo des flammes ça tournoi, ça crépillonne, ça vibrillonne, ça tombe, ça rebondi, ça crépite, ça glisse dans les cheveux, dans le cou… vite, vite, tout ranger ! Fermer les tupperwares, reboucher les bouteilles et tout rapatrier dans la voiture.

la nuée

Erreur !

Le simple fait d’ouvrir la portière et d’allumer le plafonnier, c’est deux cents minuscules papillons blancs qui s’engouffrent… une véritable frénésie dans l’habitacle.

Mais le spectacle n’est pas là. Il faut s’approcher de l’eau. A cet endroit, le Tarn est vivant, grouillant de larves devenant, pour une heure, insectes. D’aussi loin que porte le flash de mon appareil photo ou de ma lampe de poche, le Tarn grouille. Des milliers et des milliers d’éphémères s’élèvent en groupes serrés à plusieurs mètres de l’eau.

venez à moi les bestioles

Commence alors une danse frénétique de vie. Une seule obsession : copuler. Copuler avant de mourir. Car c’est charmantes bestioles ont été nommées éphémères à bon escient. Dans une heure elle seront mortes. Une heure.

La nuit est calme. Au bord de l’eau, le bruit de ces millions de minuscules ailes (à moins que ce soit les soupirs de millions d’orgasmes) couvre tout le reste. La nuit est vivante, pleine, grouillante ? Il semble pleuvoir des ailes…

des éphémères partout

30 minutes est tout est terminé. La nuit reprend ses droits. Les poissons rassasiés regagnent le fond. Les chauves-souris continuent leurs acrobaties nocturnes. La lune est haute. Il va bientôt falloir rentrer.

les bestioles de prés

Ici, les paysans disent : « regarder les insectes tomber ».

12 septembre 2008

des algues ondulantes et des soirs sans...

Sont rigolos les poissons. Deux soirs que je me pose au même endroit. Au bout d’un ponton béton. Tout du long. Entre deux bouquets d’algues pose ma canne… cette sarabande ! Bouchon posé aussitôt plongé ! Les deux soirs. Métronome incroyable. Vent et soleil, clapot ou d’huile, qu’importe ! Aussitôt posé, aussitôt plongé pour ressortir le poisson argenté.

Hier et avant hier. Ce soir rien ! Nada, kerpouik (c’est du breton) ! Zob (c’est de moi) ! Aussitôt posé, aussitôt rien. Deux heures, rien…

A quoi donc réagissent les poissons ? Pourquoi d’un soir sur l’autre des milliers de ventres blancs disparaissent de mon coin d’algues ondulantes ?

Hein pourquoi ?

24 décembre 2007

des constats

Nom de dieu, qu’est-ce qu’il grossit ce chat !

17 décembre 2007

bille en tête

La folie des billes a de nouveau envahi la cour de récréation. En une semaine sont tous devenus dingues avec ça… À l’heure de la récré, quand je vais m’aérer en fumant une clope sur la terrasse (non, non, ce n'est pas incompatible), j’ai l’impression d’entendre une invasion de criquets, … ça claquette et criquette de partout.

En général, cela s’arrête à la première bosse ! Ah oui, vous croyez qu’ils jouent aux billes, de celles de notre enfance (œil-de-chat et gallot !) Rigolez ! Les markéteurs sont passés par là ! Les plus grosses ressemblent à des petites boules de pétanque : boulard, trillard, mammouth… Monstres de verre aux couleurs chatoyantes, opaques ou transparentes.

Nos mômes ne se contentent plus de surfaces planes, ils jouent désormais en 3D ! Les jettent en l’air, grimpent et sautillent dans tous les sens…

Quelquefois ça tombe sur le crâne d’un « petit » qui passait par là, à la recherche d’une partie...

Après le directeur passe dans les classes pour interdire et le silence retombe sur mes pauses clopes.

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